Quand on veut on peut…

Sous le titre “Quand on veut, on peut”, Philippe (STREIFF) nous donne espoir : il va être (re)donné une mobilité aux personnes handicapées et âgées.

La formule me plait. D’autant plus qu’elle colle comme un gant à la majorité des personnes handicapées que je connais : des personnes battantes, simplement isolées des autres par un manque de moyens (pas de travail, environnement non accessible…).

Leur redonner une mobilité, c’est super !!!! –(Sites de Philippe : www.lescreateursdepossibles.com et www.philippe.streiff.com )

C’est pourquoi j’invite tous les acteurs mobilisés autour du handicap à oeuvrer ensemble pour le mieux-être de tous. Mieux-être qui commence par l‘accessibilité : créons des groupes de travail pour faciliter !

Les échanges ci-dessous entre Philippe et moi montrent un désir commun de continuer à rouler pour les autres.

Jean-Philippe LaMarche

C’est bien, ça fait rêver ! mais je ne vous cache pas que suite à accident de la vie, je n’ai pas les moyens. Et je ne suis pas le seul. Nous attendons plus d’organisation, de pragmatisme en ce qui concerne la prise en compte du handicap.

Philippe Streiff

Oui vous avez raison… C’est pour cela que le Gouvernement a mis en place, en novembre 2009, le Comité Interministériel du Handicap (CIH), qui en relation avec le Centre de Ressources et d’Innovation Mobilité et Handicap ( www.ceremh.org ), va améliorer en France “l’automobilité” des personnes âgées et handicapées !
A bientôt…!
D’accord avec vous Philippe, cela va améliorer en France l’automobilité de certaines personnes âgées et handicapées !
Permettez-moi une première question : pensez-vous que la pléthore de conseillers et délégués ministériels au handicap, à l’accessibilité… le grand nombre de comités : CNCPH, CIH… sont synchrones et opératifs ?

Pensez-vous que la réalité de la vie, que les messages de détresse que voudraient leur faire passer les personnes handicapées ils les entendent ? Je parle de ces accidentés de la vie qui n’ont plus de travail et qui sont depuis quelque temps les victimes d’effets d’annonce lassants. Le décalage est trop grand entre la réalité de la vie des uns et la perception qu’en ont les « têtes parlantes ».

Bientôt il y aura l’observatoire de l’accessibilité…on l’on trouvera certainement les mêmes personnes ? Doit-on en espérer du pragmatisme ? (voir mes différents articles surhttp://wp.me/pFjBm-1d )

On peut aussi s’interroger sur l’appel à associations privées très « chapellisées » dont les prestations onéreuses (et qui rapportent à qui ???) par les comités précités.

Si encore il s’agissait de groupes de travail, on pourrait espérer des réponses concrètes et au moins montrer que l’on respecte les personnes moins favorisées. (Nous avons tous les jours des exemples d’entretiens qui ne rapportent rien aux personnes handicapées).

Dans un premier temps, et sur le sujet de l’accessibilité qui me tient à cœur, pourquoi ne pas rechercher pour le mieux-être de tous, une transversalité entre toutes les formations puis la mutualisation de formations Normalisées ?
Qu’en pensez-vous ?
A bientôt !

Philippe Streiff January 31 at 11:33am

… Oui Jean-Philippe, la LOI du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, trés ambitieuse, impose ces instances interministérielles (pour le CIH) et associatives (pour le CNCPH)… En effet, la mise en application de cette loi, sur 10 ans, nécessite d’avoir des “conseillers” handicapés, dans chaque Ministère concerné (Santé, Travail, affaires sociales, famille & Solidarité, Transports…ect…), qui vivent le handicap au quotidien !
A bientôt…?
Philippe Streiff

Jean-Philippe LaMarche

Bonjour Philippe,

Je crois que nous devons en premier lieu, pour ceux qui nous lisent, porter un éclairage sur ce que veut dire “vivre le handicap”. Nous le vivons tous les deux.

Mais, cette notion a évolué et nous n’en avons peut-être pas la même approche. Si, à bord de ce que j’appelle « le manège » (cf. article dans Pouvoirs Locaux n° 82), les personnes semblent considérer le handicap d’un point de vue strictement médical, administratif ou technique – - appelons-le comme bon nous semble ! — beaucoup de personnes handicapées le voient et le vivent mais avec ses petits à-côtés : pauvreté, chômage, accessibilité.  Enfin, avec tous les aléas que rencontrent les accidentés de la vie qui n’ont pas eu la chance d’obtenir indemnisation, qui ne travaillent pas et ne peuvent se constituer une retraite décente, pour qui sortir dans leur ville devient « The » parcours du combattant, pour qui payer sa mutuelle est un vrai casse-tête… La liste serait longue vous savez.

Et c’est là que le bât blesse car si la loi de 2005 est effectivement ambitieuse, il manque une volonté politique de la faire appliquer. Elle reste donc dans le registre effets d’annonce.

Pour ce qui est des instances associatives imposées par la loi de 2005, on peut se poser la question de savoir si elles ne vivent pas que des bénéfices liés à l’organisation de colloques et autres très nombreuses manifestations sur le sujet très porteur du handicap ? Les différents passagers du manège y vont aussi qui parlent… Tout cela me semble participer du registre effets d’annonce cité plus haut. A moins que les échanges ne soient réellement exploités ??? A creuser, je pense…si des subventions sont accordées.

Pour agir pour le mieux-être de tous, ne devrait-on pas plutôt créer des groupes de travail ? Groupes qui essaieraient de réunir ce qui est épars et éviteraient de saucissonner les questions à traiter entre différents pôles à objectifs différents.

Pour ces raisons, les « laissés pour compte » ne font plus confiance à ceux placés à bord du manège : c’est plus qu’évident, il suffit de se parler quand on se rencontre dans les véhicules du PAM ou lieux publics. (Une pétition serait en cours critiquant ce décalage.)

Ils n’attendent plus rien. Redonnons leur espoir et confiance.

Pour conclure, je continue le combat !  Je cherche du travail et me bats pour l’accessibilité et la survie des laissés pour compte.

Faisons notre cette idée de l’Amiral Antoine Sanguinetti  (juin 1979) :

« Rétablir la rigueur, dans la pensée comme dans l’action, ne pourrait avoir que des effets bénéfiques en écartant des nombreux postes de décision où ils se complaisent aujourd’hui, tous ceux qui n’oseraient assumer les risques de la fonction ou n’auraient notoirement pas les capacités requises. Mais nous revenons là, sans ambigüité, à l’hypothèse d’un changement de société. »

A bientôt, Philippe et merci pour ces échanges.

Cessons d’écouter les sirènes…

Chaque jour,  matin, après-midi et soir une catégorie de personnes très nombreuse regarde la télévision.

Essayons de deviner qui sont ces personnes.

Je peux vous dire qu’elles ne regardent pas la TV par intérêt particulier pour un programme, mais bien souvent parce que la plupart d’entre elles ne sortent que très rarement de chez elles.

Des personnes souffrant d’agoraphobie ? Pas spécialement…

Les personnes dont il est question restent chez elles car elles n’ont pas d’emploi, vivent généralement sous le seuil de pauvreté, et pour elles l’accessibilité des villes, c’est pas glop ! Vous me direz : “pourquoi veulent elles sortir si elles ne peuvent faire des courses, consommer ? si c’est pour râler alors que la collectivité fait des efforts…” Vous avez raison, mais Dieu sait que c’est pas marrant de rester chez soi quand on y est contraint. Quand on s’aperçoit que ce que l’on appelle solidarité, amour, entraide, fraternité et je ne sais quoi encore… ne sont que des mots dans la bouche de personnes soi-disant représentatives de leur condition et/ou chargées d’agir pour que leurs droits soient reconnus. Bref, que les efforts faits par la collectivité, c’est pas ça.

Le mardi après-midi, beaucoup de personnes regardent les questions au gouvernement (et rient autant que les acteurs qui “causent dans le poste”). On y voit des députés changer constamment de place pour être dans le champ de la caméra (j’ai déjà écrit à l’un d’entre eux qui m’a répondu que c’était pour que ses électeurs voient qu’il était au travail — je pensais que ses actions devraient parler pour lui…), quelques uns somnolent, d’autres n’écoutent pas les questions convenues d’avance entre leurs collègues et les ministres. Il y a même des ministres qui sont là qui ne seront pas interrogés (heureusement d’ailleurs !).

Question importante quand même puisque d’actualité : lors de la séance du 19 janvier, une députée pose une question intéressant notre public qui a du se réveiller de sa somnolence. Une question vraiment documentée reflètant exactement ce que pense ce public, soulignant le recul sans précédent fait au détriment du mieux-être des personnes handicapées, citant tour à tour le sursis aux sanctions financières des entreprises, les dérogations à l’accessibilité… bref parlant de la condition de nos “laissés pour compte”.

C’est en entendant la réponse de Madame MORANO, ministre, que nous avons pu noter le décalage entre la situation réelle des personnes et ce que pensent et font nos élites. La ministre rappelle en effet, que juste avant cette séance au parlement, elle était à une réunion du CNCPH qui ne lui a pas parlé de ces questions soulevées par la députée.

Alors, ce conseil consultatif tout comme le futur observatoire de l’accessibilité qui devrait voir le jour en février sont-ils vraiment nécessaires ? Que représentera t’il ? Et les associations dites représentatives, que représentent elles ? Beaucoup de personnes en situation de handicap se sentent lâchées par tout ce beau monde vivant du handicap (voir manège dans article dans “Pouvoirs Locaux”)

Un syndicat de cadres ne signale t’il pas ce jour : “que le fossé se creuse entre le discours et les actes” ?

Redonnons espoir par nos actions et non nos discours, montrons du pragmatisme.

Cessons de baratiner.

COMMUNIQUE DE PRESSE (CDH)

Pour le CDH, il est temps que “les oubliés” se comptent et agissent après ce tir groupé !

 Le Collectif des démocrates handicapés (CDH) en appelle aux élus de la République. Il en appelle du moins à ceux qui ont un peu de considération pour les personnes handicapées.

Après l’imposition des indemnités d’accident du travail dans le cadre de la loi des finances de 2010, c’est dans celui de la loi des finances rectificative de 2009 que les personnes handicapées sont prises pour cible par le gouvernement. C’est le débat sur cette dernière qui a donné  au gouvernement l’occasion de faire adopter par les deux assemblées un amendement remettant en cause les obligations d’accessibilité aux établissements recevant du public et aux logements neufs, pour les personnes handicapées.

Une augmentation moyenne de 5% des mutuelles santé en 2010, maintenant indispensables aussi aux personnes handicapées, en confirmera beaucoup dans leur situation de précarité financière, sociale et… sanitaire.

Le CDH demande aux députés et sénateurs de prendre leurs responsabilités après avoir, par deux fois durant le même mois, accordé une majorité aux fossoyeurs de la loi du 11 février 2005, « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ».

Pour le CDH, si « l’égalité des droits et des chances » est chaque jour un peu plus remise en cause, il saura en mars 2010 rappeler le poids électoral des personnes handicapées et de leurs familles. Une famille sur 4 directement concernée ! Le Collectif des démocrates handicapés mobilisera ces familles dans les semaines qui viennent.

Il est grand temps que les plus vulnérables abandonnent « l’abstention » lors des élections pour s’imposer dans les urnes ! Le CDH va s’y employer !

Contact : presidence@cdh-politique.org  et 06 65 12 11 30   (Jean-Louis Fontaine)

Accessibilité : un pas en avant (en chantant), deux pas en arrière (en catimini)

Jugez plutôt le travail ! C’est du rapide hein ? 

Article 27 sexies

 I.  –  Le deuxième alinéa de l’article L. 112-1 du code de l’urbanisme est complété par une phrase ainsi rédigée : « Ils prévoient des conditions particulières dans les cas où une dérogation est accordée en application de l’article L. 111-7-1 du code de la construction et de l’habitation. »

II.  –  Après le premier alinéa de l’article L. 111-7-1 du code de la construction et de l’habitation, sont insérés quatre alinéas ainsi rédigés : « Ils prévoient dans quelles conditions des dérogations motivées peuvent être accordées exceptionnellement : «  –  dans les bâtiments ou parties de bâtiments nouveaux, en cas d’impossibilité technique résultant de l’environnement du bâtiment ; «  –  pour les ensembles de logements à occupation temporaire ou saisonnière dont la gestion et l’entretien sont assurés de façon permanente, sous réserve que ces ensembles comprennent une part de logements accessibles et adaptés ; «  –  pour les établissements recevant du public nouvellement créés dans un bâtiment existant, en cas d’impossibilité technique résultant de l’environnement du bâtiment ou des caractéristiques du bâti existant, ainsi qu’en cas de contraintes liées à la préservation du patrimoine architectural. »

M. le président.  – Amendement n°176, présenté par Mme Beaufils et les membres du groupe CRC-SPG.

Supprimer cet article.

Mme Marie-France Beaufils.  – S’il fallait motiver la suppression de cet article, il suffirait de se reporter au rapport de M. Marini. On complique de façon inouïe les règles d’accessibilité aux logements. Il n’est absolument pas souhaitable que la loi envisage des cas d’espèce aussi particuliers. On ferait mieux de trouver des solutions que de prêter l’oreille à des propriétaires peu désireux d’investir et de réaliser les travaux.

M. Philippe Marini, rapporteur général.  – L’article prévoit des dérogations modérées et réalistes quand l’environnement est incompatible avec les règles. Avis défavorable.

M. Christian Estrosi, ministre.  – Même avis.

Mme Nicole Bricq.  – Nous voterons l’amendement de suppression. C’est toujours pareil : le Gouvernement fait voter un texte, sa communication vante l’accessibilité aux handicapés puis, d’échenillage en échenillage, de contradiction en contradiction, il en vient à donner un avis favorable à une initiative des députés. C’est un mauvais signal par rapport à la loi de 2005 sur le handicap comme par rapport à la décision du Conseil d’État qui avait annulé, en juillet dernier, un décret de mai 2006 autorisant des dérogations.

L’amendement n°176 n’est pas adopté.

L’article 27 sexies est adopté

Pouvoirs Locaux N°82

article Pouvoirs Locaux Octobre 2009 en pdf

32 propositions pour adapter l’habitat au vieillissement

DSCF0422Ces échanges récents sur Facebook et par courriel témoignent si besoin était de la difficulté “en doulce France” de travailler ensemble à l’aboutissement d’un projet. “Que de feux rouges” dirait un ami ! “Que de TPMG” lui répondrait un autre.

Source: www.gouvernement.fr
> Gouvernement > Santé et solidarité > Personnes âgées > Trente-deux propositions pour adapter l’habitat au vieillissement
Jean-Philippe LaMarche : “Ce qui est dommage, c’est que chacun travaille dans son coin. Pourquoi ne pas parler de “confort de vie” et étendre l’adaptation de l’habitat à toute personne à mobilité réduite en situation de handicap momentané ou plus long…”
Guy Dhotel : “De vieux textes enjoignent les batiments publics et à accès au public à être accessibles. Depuis si longtemps, avec si peu de résultats ! loi de 1975 (!) au décret “introuvable”. La mauvaise volonté de l’Etat est bien explicable. “On” pose de gros problèmes et “On” n’est pas bien nombreux à voter.”

J’ai transmis ces mêmes 32 propositions à Monsieur Jean DAUSSY, chargé des questions “accessibilité” au COBATY et vous retranscris ci-dessous sa réponse reçue par mail . Vous constaterez que nous sommes bien loin de savoir travailler ensemble… mais que l’on peut espérer un changement rapide !

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Accessibilité : osons le pragmatisme !

Article paru dans la revue Pouvoirs Locaux n° 82  - 2009

Habituellement, c’est la nuit qu’ils marchent .C’est la nuit qu’ils ne rencontrent aucun ou très peu d’obstacles les empêchant de faire comme tout le monde : se lever, se laver, déjeuner, aller chercher un emploi, participer à la vie sociétale, faire du sport,…

Il faut dire que la nuit, ils rêvent et écrivent forcément une meilleure vie sur l’écran noir de leurs nuits blanches. Bien meilleure en tout cas que celle qui les attend dès le matin dans un monde qui s’avère être un véritable labyrinthe pour eux, livrés quotidiennement au parcours du combattant. Labyrinthe dans lequel ils doivent anticiper leur moindre déplacement.

Un grand manège affairé faisant des points-fixes

Le handicap semble ne laisser personne indifférent. Tout le monde, tant citoyens que politiques de tous bords, y paraît sensible car conscients du fait réel que  les épreuves induites peuvent dès demain les toucher directement ou indirectement.

C’est pourquoi tout le monde paraît s’y impliquer : détenteurs des pouvoirs législatif et réglementaire, associations (malheureusement dites) dites représentatives du handicap, métiers du Bâtiment… Mais ces acteurs, apparemment placés sur un des grands manèges, paraissent se complaire à la réalisation de points-fixes épisodiques.

Sans juger des compétences et des organisations des uns et des autres, reconnaissons cependant que seules les personnes en situation de handicaps et fragilisées peuvent en connaissance de cause reconnaître les bienfaits des solutions proposées, puis apportées.

Prenons le simple exemple du travail : loin de se poser la question si elles sont réellement reconnues pour leurs compétences quand elles recherchent un emploi voyons si l’on n’en fait pas des personnes dépendantes, assistées (sous-assistées) du fait de notre inertie ?  Ne crée t’on pas, faute de savoir s’organiser et agir, des situations de sur-handicap pour elles ?

Et puis, cette accessibilité dont on parle tant, pourquoi n’en fait-on pas une composante du développement durable ? On n’agit qu’au coup par coup oubliant qu’outre l’emploi, le tourisme et la culture… tous les thèmes ne font que démontrer la transversalité de la question du handicap et l’utilité, voire la nécessité de tout (re)grouper sous un seul binôme « citoyenneté » et « accessibilité ».

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