Chaque jour, matin, après-midi et soir une catégorie de personnes très nombreuse regarde la télévision.
Essayons de deviner qui sont ces personnes.
Je peux vous dire qu’elles ne regardent pas la TV par intérêt particulier pour un programme, mais bien souvent parce que la plupart d’entre elles ne sortent que très rarement de chez elles.
Des personnes souffrant d’agoraphobie ? Pas spécialement…
Les personnes dont il est question restent chez elles car elles n’ont pas d’emploi, vivent généralement sous le seuil de pauvreté, et pour elles l’accessibilité des villes, c’est pas glop ! Vous me direz : “pourquoi veulent elles sortir si elles ne peuvent faire des courses, consommer ? si c’est pour râler alors que la collectivité fait des efforts…” Vous avez raison, mais Dieu sait que c’est pas marrant de rester chez soi quand on y est contraint. Quand on s’aperçoit que ce que l’on appelle solidarité, amour, entraide, fraternité et je ne sais quoi encore… ne sont que des mots dans la bouche de personnes soi-disant représentatives de leur condition et/ou chargées d’agir pour que leurs droits soient reconnus. Bref, que les efforts faits par la collectivité, c’est pas ça.
Le mardi après-midi, beaucoup de personnes regardent les questions au gouvernement (et rient autant que les acteurs qui “causent dans le poste”). On y voit des députés changer constamment de place pour être dans le champ de la caméra (j’ai déjà écrit à l’un d’entre eux qui m’a répondu que c’était pour que ses électeurs voient qu’il était au travail — je pensais que ses actions devraient parler pour lui…), quelques uns somnolent, d’autres n’écoutent pas les questions convenues d’avance entre leurs collègues et les ministres. Il y a même des ministres qui sont là qui ne seront pas interrogés (heureusement d’ailleurs !).
Question importante quand même puisque d’actualité : lors de la séance du 19 janvier, une députée pose une question intéressant notre public qui a du se réveiller de sa somnolence. Une question vraiment documentée reflètant exactement ce que pense ce public, soulignant le recul sans précédent fait au détriment du mieux-être des personnes handicapées, citant tour à tour le sursis aux sanctions financières des entreprises, les dérogations à l’accessibilité… bref parlant de la condition de nos “laissés pour compte”.
C’est en entendant la réponse de Madame MORANO, ministre, que nous avons pu noter le décalage entre la situation réelle des personnes et ce que pensent et font nos élites. La ministre rappelle en effet, que juste avant cette séance au parlement, elle était à une réunion du CNCPH qui ne lui a pas parlé de ces questions soulevées par la députée.
Alors, ce conseil consultatif tout comme le futur observatoire de l’accessibilité qui devrait voir le jour en février sont-ils vraiment nécessaires ? Que représentera t’il ? Et les associations dites représentatives, que représentent elles ? Beaucoup de personnes en situation de handicap se sentent lâchées par tout ce beau monde vivant du handicap (voir manège dans article dans “Pouvoirs Locaux”)
Un syndicat de cadres ne signale t’il pas ce jour : “que le fossé se creuse entre le discours et les actes” ?
Redonnons espoir par nos actions et non nos discours, montrons du pragmatisme.
Cessons de baratiner.
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Je comprends fort bien vos propos et j’ajoute que nous vivons dans un monde d’habitudes où l’individualité prime de plus en plus sur la collectivité.
Ayant oeuvré dans le Bâtiment depuis des années, j’ai constaté que, jusqu’à ce jour, les professionnels de ce domaine ne s’occupent pas des besoins des utilisateurs ; ils construisent à la moins disance, en se souciant que trop rarement de la qualité et de l’accessibilité, car, de toute manière, n’étant pas bénéficiaires de leurs oeuvres, ils ne seront pas pénalisés par les dysfonctionnements et non conformités.
Essayons de faire évoluer les mentalités et les comportements, tant des professionnels que des particuliers. Associons les utilisateurs dès la décision de réaliser une construction ou une réhabilitation.
Je propose, pour améliorer cette situation dommageable tant pour les utilisateurs que pour les intervenants, en trois points, que :
Point 1 : les projets se réalisent à la moyenne disance et que les professionnels s’engagent à réaliser des travaux de qualité,sans non conformités, intégrant bien entendu l’accessibilité dans la qualité d’usage qui regroupe les différentes techniques connexes.
Point 2 : la valorisation des professionnels de la Construction qui réalisent les projets avec leur propre personnel et qui ne font pas appel à des sociétés de louage.
Point 3 : la création d’une forme de bonus ou de prime pour les professionnels ayant réalisé les projets conformément au cahier des charges et correspondant aux besoins des utilisateurs.
Lorsque l’ensemble de cette chaîne sera réalisé, une économie importante se dégagera à la plus grande satisfaction aussi bien des utilisateurs que des professionnels.
Jean R. DAUSSY